3 septembre 2009 : Latitude 0º 00. 00’

Voici le programme des prochaines semaines :
Le 4 Octobre, nous embarquons avec BEF à bord d’un bananier au départ de Cartagène (Colombie) à destination du Costa-Rica. Il nous reste donc un petit mois pour parcourir plus de 2500 km.
Jeudi 3 septembre, nous quittons Manta et ses plages pour rejoindre les Andes. La route assez mauvaise

passe au milieu de forêts tropicales. Les vallons verdoyants, la température moite, les vendeurs de banane et de fruits sur les bords de la route, les gens allanguis dans les hamacs devant leur maison …C’est dans ce joli décor que BEF choisit de faire des siennes et se refuse brutalement à avancer… plus de puissance, nous roulons à 40 km/h. Les voyants s’allument sur le tableau de bord et clignotent en alternance !!! Le livret Iveco nous annonce clairement la couleur : “panne grave, contactez votre garage Iveco le plus proche !” Au fait, il est où notre garage Iveco le plus proche ? Ah oui, à Quito, à 250 km !!! Olivier éteint la bête, la rallume, de temps en temps les voyants s’allument, puis s’éteignent et pour finir, BEF se met à cracher une fumée noire et épaisse digne des camions les plus polluants du continent ! Nous sommes près de la ville de Quevedo, nous décidons d’aller chercher secours auprès d’un garage. Toyota, c’est pas mal, ils ont des moteurs modernes ça doit ressembler un peu à Iveco ! Les employés sont très aimables, Olivier leurs expose le problème, il explique que notre filtre à aire ne tient plus, que peut-être la poussière de la mauvaise route à bloquer les injecteurs, le mécano semble sceptique, mais il répare quand même le filtre. Pour le reste, le diagnostique ne peut être établi qu’avec un ordinateur…et oui, nous redoutions d’être confrontés à ça un jour, mais voilà c’est fait ! Le moteur trop moderne de notre engin nécéssite un bilan électronique qui dépasse les compétences des garages sud-américains. Mais le garagiste nous redonne malgré tout espoir…il connait quelqu’un qui possède les programmes et l’ordinateur pour faire les diagnostiques de panne sur Mercedes. Pas de temps à perdre, il nous y emmène. L’ordinateur se connecte, mais malheureusement, les programmes de diagnostiques s’adressent aux voitures, toutes les marques défilent, mais bien sûr pas d’Iveco… Tout le monde est désolé pour nous, BEF ne dévoilera pas sa faille ! Tant pis, nous décidons de dormir ici, il parait que la nuit porte conseil !!!
Vendredi matin, au démarrage, les voyants sont tous éteints, BEF ronronne normalement et plus de fumée noire à l’horizon !!! Alors on décide d’avancer, de poursuivre la route, en faisant confiance à notre bon camping car qui jusqu’alors, ne nous a jamais déçu. Le test va être vite fait, car nous retrouvons les Andes et des altitudes qui frôlent les 4000m. BEF a besoin de toute sa puissance pour franchir les nombreux cols…

et il y parvient avec brio !!! Le mystère restera entier, mais puisque ça marche, on avance …
Si tôt passés de l’autre côté de la cordillère, nous retrouvons les paysages et une population andine que nous connaissons bien. De ce côté, la végétation est toute autre, les versants des montagnes sont plus arides, les paysans cultivent de petites parcelles de quinoa et de pommes de terre… Partout des enfants au visage tanné et aux grands yeux noirs surveillent leur petit troupeau de moutons. Première halte : la laguna Quilotoa.

Cette lagune se trouve à 400m de profondeur dans le cratère d’un ancien volcan. Nous arrivons en fin d’après-midi, le vent souffle très fort nous empéchant presque d’avancer. De plus, l’ascencion a été un peu rapide et Lola souffre de l’altitude : maux de tête et vertiges. Nous passons la nuit à 3 800m au bord du cratère. Insomnie pour toute la famille à cause de l’altitude et du vent tempétueux qui nous secoue dans tous les sens ! Samedi matin, le vent n’a pas faibli, nous renonçons à la randonnée de 3h qui descend au bord de la lagune. On décide de redescendre un peu pour se réadapter plus doucement .
L’Equateur est aussi le pays des volcans, pas moins de 20 sommets se dressent dans cette partie du pays. Nombre d’entre eux sont actifs. Celui que nous allons voir fait parti des plus hauts ( 5897m) et des plus beaux. Un parc national porte son nom : le parc Cotopaxi.

Le volcan a le sommet recouvert par les glaces, il se dresse majestueusement au milieu du parc. Après une petite ballade autour d’une jolie lagune,

nous décidons de monter avec le camping-car jusqu’au refuge situé sur le versant nord du volcan à plus de 4800m. Encore une fois, BEF arrive à se hisser jusqu’en haut d’une piste bien éprouvante.

Une fois là -haut, il est possible d’aller toucher les glaces du Cotopaxi

après une heure de marche…

Mais, c’est sans compter le vent violent et glacial qui souffle ici ! Seul Olivier est prêt à relever le défi, nous, nous l’attendrons bien à l’abris…

Au bout d’une heure et demie, il revient gelé et déçu, trop dur, trop froid et trop loin la neige éternelle… Nous redescendons au bord de la lagune, pour un bivouac de rêve,

seuls au monde face à ce volcan sublime.
Lundi 7 septembre, on rejoint la panaméricaine en direction de Quito. La capitale de l’Equateur est décrite dans nos guides comme un bijou de l’art colonial.

Le quartier historique est classé à l’Unesco . Mais Quito est aussi une ville moderne et la “ville nouvelle”est une succession de buildings, hôtels modernes et boutiques branchées. Nous trouvons une petite cour d’hôtel pour stationner pendant quelques jours. Pour avoir un aperçu général de la ville,

nous prenons le téléphérique construit sur les flancs du volcan Pichincha. Terminus : la Cruz Loma, 4 100m. Quito est situé au fond d’une haute vallée andineentourée de montagnes et volcans.

Ensuite, nous découvrons le centre historique, de belles églises, de beaux bâtiments…on sent presque comme une petite lassitude, non ? Alors soyons fous, visitons pour une fois une de ces églises par l’envers du décor !!!

Les tours et le clocher de La Basilica del Voto National vont nous donner quelques sensations fortes… Les enfants aujourd’hui, séance escalade. On commence l’ascencion par un escalier classique, ensuite sur une petite passerelle en bois,

on passe au dessus des voûtes, au bout de la nef, une échelle raide nous amène au premier niveau d’une des tours et ensuite 2 échelles rouillées successives adossées à la façade nous permettent d’atteindre le plus haut niveau de la tour…

Les enfants et Olivier adorent et moi j’évite de regarder en bas .

Mercredi, j’entraîne ma petite troupe à la découverte d’un immense artiste équatorien : Oswaldo Guayasamin. Ce monsieur a consacré une grande partie de son oeuvre aux indigènes qui ont tant souffert à l’arrivée des conquistadors.

Pour que l’on n’oublie pas ces milliers de morts et que l’humanité ne connaisse plus ce genre de tragédie, il a construit “La Capilla del Hombre”sorte d’oeuvre d’art /musée dédié à l’éternel espoir d’un monde meilleur !

Nous sommes séduits par ses peintures et ses fresques monumentales.

Ensuite nous visitons son ancienne propriété transformée en musée, l’occasion de contempler sa collection privée d’objets précolombiens.
La visite de Quito se termine, elle fut brève mais nous laissera de bons souvenirs.
Jeudi 10, maintenant une urgence s’impose, il nous faut trouver une usine de gaz pour remplir nos 2 bouteilles. En général, nous trouvons facilement, en plus le gaz en Equateur est vraiment très bon marché. Cette fois, c’est un peu plus compliqué, l’usine n’est pas sur notre route et nous faisons un bon détour pour nous y rendre.

En plus, les employés ne sont pas très préssés et nous font patienter 2 bonnes heures !!! Enfin, nous aurons gagné en patience durant ce voyage… Il est plus de 17h, pas de bivouac en vue, on décide de la reprendre la route. Notre GPS nous indique que nous ne sommes plus très loin de franchir la ligne de l’Equateur, alors on continue, ce soir on veut dormir dans l’hémisphère Nord !!! On suit avec une certaine excitation la descente des degrés et des minutes, et au moment où le GPS affiche 0º 00. 00’,

c’est la fête !!! Par contre, rien sur la route, même pas un petit trait !!! Première nuit en hémisphère Nord (sur une station service), ça mérite bien un petit apéro avec une bonne terrine de campagne !!! Le lendemain les caprices de la route, nous font repasser dans le côté sud du globe, et c’est ainsi qu’un peu plus loin, à Cayambe , se dresse un monument signalant : mitad del mundo.

Cette fois, c’est officiel nous sommes bien sur la ligne virtuelle de l’Equateur, la seule, l’unique, mesurée au degré près par l’armée.
Au moment où nous franchissons cette ligne, nous sommes à peu près au milieu de notre voyage, sur le chemin du retour en quelque sorte…
Notre périple en Equateur touche à sa fin, pour ce dernier week-end, nous allons une dernière fois nous méler à la foule et à la population du pays pour le marché hebdomadaire d’Otavalo. Mais avant de rejoindre la dernière grande ville de notre parcours, nous empruntons des chemins de traverse pour admirer les lagunas de Mojanda…

La piste que nous allons suivre nous entraîne dans des paysages magnifiques,

mais les nuages de poussière que BEF déplace me laisse présager du pire en ce qui concerne l’habitacle… Je ne suis pas déçu du résultat, la poussière brune et fine s’est bien infiltrée PARTOUT, dans tous les recoins, mais pour un fois, je ne cède pas à l’appel de l’aspirateur, allons nous balader, le ménage attendra.
A Otavalo, se tient tous les samedi, un immense marché.

Les rues sont bondées, les vendeurs ambulants nombreux,

les étals proposent des mets de toute sorte,

pour certains peu appétissants… Une place de la ville est consacrée à l’artisanat. Nous négocions quelques articles (maintenant, on sait y faire !), mais l’artisanat nous déçoit, rien de nouveau ici, en fait nous voyons les mêmes produits depuis la Bolivie ! L’après-midi, nous allons observer les rapaces et autres oiseaux de proie au Parque condor.

L’occasion de voir de prêts tous ces oiseaux qui planent dans le ciel équatorien y compris le gigantesque condor des Andes!!!

Ce petit mois passé en Equateur ne nous a permis de découvrir qu’une partie de ce petit pays aux multiples facettes. Nous reviendrons…plus tard ! Maintenant, en route vers la Colombie …

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9 réflexions au sujet de « 3 septembre 2009 : Latitude 0º 00. 00’ »

  1. avenel maurice

    Encore merci pour ce long mais superbe voyage ,rempli de découvertes,mais pour vous quatre,la joie rayonne.continuez
    Mon séjour au Maroc s’est bien passé et j’en garde un bon souvenir.Papymo

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  2. laine

    coucou la petite famille, encore de biens belles photos et de tres jolis textes mais aussi de belles frayeurs, BEF pas de blague il y a encore quelques kilomertres a parcourir! Je trouve que Robin change et grandit , je ne sais pas si c’est la coupe de cheveux, mais il fait petit homme ( cela dit en passant tjrs aussi mignon) . un gros bisous a la jolie Lola et profitez tjrs autant de votre periple! les Laine

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  3. laurent f gge abc

    Encore et encore de superbes récits en images. Olivier, pour ton pb de perte de puissance je pense soit à la vanne (e.g.r), dite vanne de recyclage des gaz, quand elle est défectueuse, il y a une fumée noire et perte de puissance. Cela arrive qu’elle se débloque ce qui expliquerait que tu puisses continuer à rouler, soit au débimètre d’air sur le manchon en plastique avant le filtre à air. Il y a également le mode (degradé), une sorte de protection en cas de pb de turbo, injecteur,etc, qui bloque la puissance du moteur. En espèrant que cela te soit utile. Bonne continuation.

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  4. FRED

    Olivier,

    pour le probleme de BEF, je pense pour avoir discuter chez Renault, que tu as fais une erreur en achetant un IVECO…voila c’est tout

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  5. lefebvre monique

    coucou la bande
    toujours de superbes images et un superbe récit bravo ma soeur. Pour ce qui est de votre escalade sur les marches et les echelles, je crois que j’aurais au le vertige dès le rez de chaussée en regardant en l’air ! Sinon je vois avec le temps que vous vous « zenifiez » de plus en plus, même les caprices de BEF vous font dire « même pas peur » c’est sa l’esprit voyage
    profitez bien
    on vous aime merci pour la certe bisous+++++++++++++
    momo
    quand vous serait en colombie envoyez le blog en direct à ma collègue avec si possible un petit clin d’oeil, elle se languit parfois de son pays. Je vous envoie dès que possible son adresse mail

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  6. henry

    Bonsoir,
    Merci une nouvelle fois pour votre courrier, qui à chaque fois nous fait rêver. Les photos sont toujours aussi belles et on espère que BEF tiendra le coup jusqu’au prochain garage Iveco. A l’occasion, on serait intéressés par la compagnie maritime que vous avez utilisée hier pour traverser vers l’Amérique centrale.Ici nous avons la grisaille automnale de la région parisienne.
    Bonne route à vous. Bien amicalement.
    Martine et Michel.

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  7. Arnaud & Arnaud

    Salut Los Amigos,

    Ravis de voir que tout se passe super bien pour vous !
    Celà donne envie de venir vous rejoindre pour les vacances !
    Ch’tio Mallet passe quelques jours parmi nous à Paris.

    Bises à vous tous de la part de Ch’tio Mallet et de la Family Laverdure !

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  8. Simone HIVERT

    Cela devient un peu rengaine, je n’arrive plus a trouver un peu d’originalité pour vous féliciter, toujours et encore, pour votre blog. Franchement, tout est bon, il n’y a rien a jeter ! Photos superbes, récit très vivant et très clair … je lis ça comme un roman, mais un bon roman.
    J’espère que BEF ne va pas vous lâcher après vous avoir amené dans de si belles contrées. Encore un peu de courage, il faut y croire.
    La photo du Cotopaxi est sublime et les enfants ont l’air heureux et en forme … dans quelques temps, la salle de classe risque de leur sembler un peu petite et le champ de vision rétréci.
    Bisous à tous et continuez.

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  9. yan, nat et les filles

    Coucou de Pézenas. Bienvenus dans l’hiver de l’hémisphère nord.
    En voyant les photos et les commentaires qui sont super.
    Nous voyons que tous le monde va bien que cet la régalade et le pied pour vous.
    Nous vous faisons de Gros bisous.

    yannick

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